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Courir au Trail de l’Aubrac, malgré le côté mercantile – Cr de Guillaume P.

Courir au Trail de l'Aubrac, malgré le côté mercantile - Cr de Guillaume P.

Une semaine après la touffeur du bois de Vincennes, j'ai choisi les hauts plateaux de l'Aubrac à plus de 1200m d'altitude où j'ai accompli un trail de 30km.

Quand on évoque l'Aubrac, reviennent toujours les images d'étendues infinies et lumineuses, de paysages austères parsemés de blocs de granit ou de basalte ; si on écrit cela, c'est que c'est vrai, mais c'est une vérité de carte postale. Quand on connaît un peu mieux le coin, on sait qu'il n'y a pas que les paysages qui sont austères : sans rentrer dans des détails qui ne trouveraient pas leur place sur ce blog, l'Aubrac n'est pas la contrée la plus progressiste du pays….c'est l'endroit où je suis toujours heureux de faire une course ou un bon gueuleton, voire les deux comme ce jour, mais surtout pas celui où j'aimerais demeurer.

Le trail de l'Aubrac a les mêmes organisateurs que le célèbre trail des templiers de Millau : c'est efficace, bien rodé, mais quand même très commercial et parfois un peu pingre : 25€ les 30 km cela reste raisonnable, mais à ce prix les épingles à nourrice ne sont pas fournies comme l'indique le courriel comminatoire reçu avant la course ! Ceux qui trouvent que ce n'est pas assez cher ont pu participer à la "pasta party" de la veille (12€ pour manger des pâtes….), acheter les photos de course payantes et même faire leur marché : un vaste stand de fruits de saison est monté en face du barnum de retrait des dossards ; cerises, melons, abricots, pêches, fruits typiques de l'Aubrac s'il en est, sont proposés à un prix double de celui des marchés de Mende ou de Langogne ! Manifestement, cette vente a du succès à en juger par le nombre de trailers repartant avec leur cagette d'abricots. Pourtant, le melon est à Nasbinals ce que les skis peuvent être au Sénégal !

Peu familier du trail, j'ai dû pour me plier aux exigences du règlement acquérir un sac à trail dont le "floc-floc" de la poche à eau m'accompagnera tout au long du tracé. Il est aussi recommandé de se munir d'un téléphone portable, équipement très utile quand la quasi-totalité du plateau est en "zone blanche"….Curieux et facétieux de nature, j'observe la tribu des "trailers" : certains amènent des bâtons, sans doute par peur de croiser un loup ou un taureau ; d'autres portent des sacs à tout le moins volumineux, sans doute des rations de survie au cas où il viendraient à se perdre.

Le départ du 30 est donné à 8 heures et cela commence mal : une sono assourdissante, un animateur tête à claques qui intime aux coureurs de faire des pitreries avant le départ…Heureusement, cela ne dure pas, après 300m de course, on sort de Nasbinals (Lozère) pour se retrouver au milieu des pâturages parsemés de gentianes et d'arnica, le tout sous le soleil mais dans la fraicheur. Après 4 ou 5 km de parcours légèrement montant, on passe dans l'Aveyron et traverse le bien nommé village d'Aubrac, là où le restaurant "Chez Germaine" sert un aligot aussi succulent que la note peut être salée…ici on est en retard sur pas mal de choses mais surtout pas sur les prix. S'ensuivent des phases de descente, de plat, de montée sous l'ombre bienfaisante de la forêt de hêtres (des fayards comme on dit ici) ; le rythme est tranquille et on se sent divinement bien si ce n'est le "floc-floc" lancinant du sac à trail. Le pire, c'est que je n'ai commencé à l'utiliser qu'à 3 ou 4 km de l'arrivée : la flotte est chaude et a le goût de la poche en plastique !

C'est ensuite la montée de la piste de ski de Brameloup et le ravitaillement qui intervient à environ 17 ou 18km, ma montre affichant 2 heures, c'est dire si la vie est paisible et tranquille pour un apprenti trailer. On continue sur le sentier thématique de Brameloup avant de retrouver les pâturages. Le soleil tape maintenant un peu plus fort mais il y a de la brise et c'est tout-à-fait supportable. En fin de parcours, le 30 fait chemin commun avec le marathon, le 18 et la randonnées ; c'est dire qu'il y a du monde et que cela bouscule.

Revoici enfin Nasbinals où je termine en 3h17'46", soit 113ème et 21ème V2, le vainqueur étant arrivé depuis déjà près d'une heure.

Je ne me suis guère attardé à l'arrivée : du monde, du bruit, des marchands…tout cela ne sied guère à la quiétude des paysages de l'Aubrac. J'ai donc vite retrouvé ma voiture pour me rendre à Saint-Urcize dans le Cantal voisin à 8km de Nasbinals où je me suis régénéré à ma façon : apéritif à la gentiane, ris de veau, rôti de veau de race Aubrac (la viande d'Aubrac est bien plus savoureuse que la charolaise), tarte à la rhubarbe et quand même un peu de vin rouge.

Courir en Lozère et en Aveyron, déjeuner dans le Cantal, ce fût un premier dimanche d'été paradisiaque, même si le côté commercial de la course est un peu agaçant.

 

Guillaume Pensier

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