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Grande traversée du Jura à ski de fond: voyage au paradis blanc

Ceux qui fréquentent les pistes de ski de fond, sentiers de randonnée ou routes du Jura ont sans doute déjà remarqué ces petits panneaux à fond orange, avec ces 3 lettres « GTJ » :

Ce sigle et cette signalétique, ce sont ceux de la Grande Traversée du Jura, itinéraire de randonnée créé à la fin des années 1970 à ski de fond en reliant les différents sites nordiques (jusque-là non reliés entre eux) pour permettre de traverser le massif du Nord au Sud (ou l’inverse) en passant par les départements du Doubs, du Jura et de l’Ain. Le concept a ensuite été décliné pour créer des itinéraires de GTJ à pied, à vélo (VTT puis route), à cheval et en raquettes.

Ayant pris l’habitude, depuis une douzaine d’années, de trainer mes skis et mes chaussures de randonnée ou de course sur les pistes et sentiers de Chapelle-des-Bois, du Grandvaux, des Rousses ou de Métabief, l’envie m’est venue de me frotter à la GTJ à ski de fond, pour découvrir des parties du Jura que je ne connaissais pas encore et pour le « défi » que la GTJ représente.

Le parcours relie le Meix-Musy dans le Doubs (près de Morteau) à Giron dans l’Ain (au-dessus de Bellegarde-sur-Valserine), sur une distance officielle de 185 km, à une altitude allant de 900 à 1400 mètres.

La GTJ à ski, sauf pour ceux qui prennent l’option de la faire d’une traite (en course, ça existe et ça s’appelle la GTJ 200 [à ne pas confondre avec la Transju, qui est aussi une course, dont les parcours empruntent une partie de la GTJ avec des distances allant de 20 à 70 km], ou tout seul, j’en ai croisé durant mon parcours qui se faisaient ça tranquillou bilou, pour tuer la journée…), ce n’est ni un exploit sportif, puisque c’est avant tout une randonnée et qu’on a le choix de calibrer ses étapes en fonction de ses capacités et de ses envies, ni une aventure, puisqu’on n’est pas en haute montagne et que l’essentiel du parcours emprunte des pistes appartenant aux différents domaines traversés, le reste étant constitué par des pistes de liaison.

Mais c’est tout de même un défi, puisqu’elle implique de skier dans des conditions qui peuvent être difficiles (grand froid, neige, pluie, vent, glace, neige sale…), d’être prêt à s’adapter au terrain et aux conditions du moment (et notamment à faire un peu de marche à pied s’il n’y a pas de neige partout), d’avaler un peu de dénivelé (4000m de dénivelé positif au total) et de se mettre dans l’état d’esprit d’une épreuve de longue durée puisqu’il faut, quelle que soit sa vitesse, forcément un peu de temps pour parcourir les 185 km de la traversée…

En ce qui me concerne, j’ai choisi de faire la GTJ en style classique (= alternatif), plus propice à la randonnée avec sac à dos que le skating, et, après mûre réflexion et quelques tests de distance l’hiver dernier avec le sac de 12 kg, eau et piquenique compris, de découper ma GTJ en 5 étapes. Les distances des étapes étaient censées aller de 27 à 44 km, avec une moyenne de 36 km par jour : étape 1 Meix-Musy-Les Cernets (Suisse) ; étape 2 Les Cernets-Rochejean (au pied du Mont d’Or) ; étape 3 Rochejean-Chapelle-des-Bois (le plus beau village, le meilleur domaine de ski de fond… et la meilleure fromagerie du Jura ! Important, le fromage, dans le Jura 😉 ) ; étape 4 Chapelle-des-Bois-chalet de la Frasse (dans la forêt du Massacre) ; et étape 5 chalet de la Frasse-Giron.

En pratique, en raison de quelques erreurs et rallongis divers (pour aller chercher le piquenique ou atteindre le lieu d’étape), les 185 km sont finalement devenus 210,9 km, l’étape la plus longue s’étirant à 48 km et la moyenne quotidienne passant à… 42,19 km : un marathon à ski par jour, ce n’était pas voulu, mais c’est bien tombé, pour un coureur à pied !

En termes de conditions, j’ai eu le maximum de ce qu’on peut imaginer en termes de chance : l’ensemble du parcours enneigé, du soleil toute la semaine, très froid le matin certes (entre -10 et -15°C selon les jours) mais sans vent.

Début de la première étape : ma tenue montre qu’il fait froid…

Du coup, grâce à ces conditions optimales, cette traversée s’est passée relativement facilement (même s’il me fallait tout de même m’activer pour boucler les étapes avant la nuit !), hormis deux moments où j’ai un peu tiré la langue : au début de la 3ème étape, dans la longue montée du Mont d’Or (6 km) entièrement à l’ombre par très grand froid, et à la fin de la 4ème étape, avec l’arrivée en côte au chalet de la Frasse (4 km de montée) en fin d’après-midi après avoir perdu du temps et de l’énergie dans la journée sur une erreur d’orientation.

Mais à part cela, que du bonheur et du plaisir dans ce paradis blanc qu’est le Jura pendant les mois d’hiver, et de beaux souvenirs plein les yeux, illustrés par les quelques photos ci-dessous…

Brouillard au petit matin dans le val de Morteau
Au pied des pistes de ski alpin à Métabief
La source du Doubs à Mouthe
Les falaises du Risoux à Chapelle-des-Bois en fin d’après-midi
Le lac des Rousses gelé
Panorama sur le sud de la chaine du Jura, au-dessus de Giron
Et moi, content, avant l’ultime descente sur Giron !

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