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A LA RECHERCHE DU BON TEMPS À PACÉ-RENNES par C.Palandre

L’organisation des courses à Pacé, petite cité fleurie et agricole à trois lieues de Rennes, est exemplaire. Courir à Pacé, le club local, a organisé très récemment, sur la piste splendide de tartan rouge, les championnats de France et une étape de la Coupe d’Europe du 10.000 mètres. A Pacé on est dans l’avenir et on sait organiser.

Organisée en faveur des grands blessés traumatisés crâniens, la « corrida de Pacé » a par prudence retardé son départ à 21 heures pour fuir la grande chaleur de l’après-midi, trente-trois degrés à 18 heures. Elle est qualificative pour le Championnat de France (label national).

Avec un tracé nouveau, en raison d’aménagements en centre-ville, nous partîmes, sur trois cents mètres, dans un défoulement de chaussée descendante. Un peu coincés dans le sas des « plus de quarante-cinq minutes » où s’étaient rassemblés quelques promeneurs de bitume nous eûmes le temps de regarder le thermomètre, bloqué à 28 degrés, le baromètre indiquant une prochaine tempête et le chronomètre indiquant les 5 premières minutes.

A la fin d’un beau faux plat qui ralentissait les ardeurs, nous atteignîmes le premier kilomètre pour nous interroger sur le problème posé. Comment courir par un temps pareil ? J’avais en tête le championnat du semi-marathon de France Auray-Vannes couru en surnageant ou du championnat de France de Langueux tant il était chaud bouillant.

Partant avec en tête le vers fameux « Il flotte, il hésite, en un mot il est homme » j’hésitais sur la conduite à tenir.  Jusqu’à la mi – course où le vent de face nous attendait sur chaque ligne droite, la pensée était de finir en moins que de trop. Le peloton stabilisé après la mi-course il m’est arrivé ce  sentiment étrange et pénétrant de sentir que le corps allait mieux.  Après les premières gouttes c’était définitif, je devais accélérer, rattraper mon retard sur le chronomètre, tenter d’éviter l’orage et me rapprocher de la qualification à 50 minutes.

Comme je me disais ces mots, du bout de l’horizon accourt avec furie le plus terrible des enfants que l’Ouest eut porté jusque là dans ses flancs, un tourbillon terrible et les premières gouttes sévères. Décision est prise, il faut accélérer. Lâcher la jeune femme avec laquelle je cours côte à flanc depuis trois kilomètres, attaquer celui qui m’a doublé et dépasser la jeune athlète rouge que je vois peiner devant moi depuis le début.

Comme à Amsterdam, l’an passé et dans un autre cadre, nous avions la promesse d’arriver sur le stade et de loin le présentateur annonçait déjà les premiers, en 31 minutes ce qui n’est pas si mal en ces circonstances. L’organisateur avait bien fait les choses puisque toutes les catégories de cadet à M5 se voyaient remettre une coupe ou une récompense en vêtements de sport en sus d’une médaille lourde et trébuchante.

La semaine prochaine suite des courses qualificatives avec la Corrida de Langueux qui rassemble les champions de Bretagne, quelques coureurs venus de Paris, d’Afrique et de la côte atlantique  et normande.

Il fera moins chaud, il fera aussi beau, les couleurs de nos yeux seront dans les étoiles à la tombée de la nuit et les féminines, sur le podium, achèveront en moins de 35 minutes leur tour de ville. Ici une Érythréenne, licenciée au club local, montrait déjà l’exemple. Finalement un 18 juin où je ne savais plus comment je m’appelle c’est toujours un temps de bonheur.

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