Par Thierry B.
Au milieu d’une région de champions
Après 24 heures de voyage, me voilà enfin arrivé à Iten, au cœur du Kenya, dans ce lieu découvert sur les réseaux sociaux : The Home of Champions.

Dès mon arrivée, je suis conquis. L’endroit est coloré, accueillant, et je me sens un peu comme un enfant qui arrive à Disneyland. L’équipe nous présente le centre et tout ce qu’il faut savoir pour passer deux belles semaines.
Le cœur du centre est la salle de restauration. On y prend les quatre repas de la journée dans une ambiance très conviviale. À côté, un espace permet de discuter, jouer, regarder la télévision ou simplement profiter de la vie du centre. Dehors, le patio est parfait pour se poser dans les canapés, jouer aux fléchettes ou discuter autour du feu le soir.
Il y a également une salle de sport, des espaces de massage et même… des moutons ! Ils gambadent autour du centre et font un peu office de mascottes.
Les stagiaires sont logés dans de petites maisons de deux à quatre personnes, chacune portant le nom d’un grand champion. La mienne s’appelle Geoffrey Kamworor, en hommage à l’athlète kényan. La chambre est simple mais confortable, avec un bon matelas et tout le nécessaire.

Je suis installé. Il est maintenant temps de courir !
« C’est quoi ta séance ? »

C’est probablement la phrase que l’on entend le plus à Iten. Ici, la course fait partie du quotidien.
Dès mon premier footing, je comprends que l’altitude ne plaisante pas. À environ 2 400 mètres, les premiers kilomètres sont difficiles et les allures habituelles deviennent vite très ambitieuses.
Le centre propose un programme assez classique : footing avec les coureurs kényans les lundi, mercredi et vendredi, séances sur piste les mardi et jeudi, puis sortie longue le samedi à Moiben.
Bien sûr, chacun peut adapter son programme et aller courir ailleurs, notamment à Kaptuli ou sur la fameuse Mzungu Road.
Les footings avec les Kényans commencent souvent par une prière avant de présenter la séance : footing, progressif ou fartlek. Et attention si quelques Mzungu — les étrangers — se mettent devant : l’allure peut soudainement s’accélérer !
Pour ma part, je reste humble et cours à mon rythme, tranquillement, pole pole comme on dit ici. Les côtes et l’altitude rendent déjà les choses suffisamment intéressantes !
Les séances sur piste sont une autre expérience. À Chepkoilel, les groupes sont nombreux et les foulées impressionnantes. On a parfois l’impression de ne pas pratiquer exactement le même sport ! Malgré tout, chacun trouve sa place et peut faire sa séance dans une ambiance incroyable.

À Kipsoen, la piste a la particularité d’être légèrement vallonnée. À cette altitude, même une séance classique demande déjà pas mal d’efforts. Il vaut mieux commencer doucement et accepter que les chronos ne soient pas ceux réalisés au niveau de la mer.
Pour les sorties longues, j’ai eu la chance de découvrir deux endroits : Mzungu Road et surtout la route de Moiben. Cette dernière est une longue route magnifique où il est possible de faire accompagner son ravitaillement par un matatu ou une boda-boda.
Deux sorties longues qui sont finalement passées beaucoup plus vite que prévu : quand on court dans un tel décor, les kilomètres défilent différemment !
Tout pour récupérer
Après l’entraînement, place à la récupération.
Les repas sont simples et adaptés à la vie sportive : chapatis, fruits, pain maison, œufs, parfois quelques gâteaux… De quoi reprendre des forces, même si certains repas peuvent devenir un peu répétitifs après plusieurs jours.
J’ai également profité plusieurs fois des fameux massages kényans. Une heure de massage du haut et du bas du corps : les masseurs trouvent rapidement les tensions, notamment dans les mollets et les ischios ! On ressort parfois complètement vidé, mais prêt à repartir le lendemain.
Bottes de compression et bains froids sont également disponibles.
Mais le plus appréciable reste finalement de n’avoir qu’une chose à penser : courir et profiter. Les repas, le ménage et la lessive sont pris en charge par une équipe adorable. Même les chaussures peuvent être nettoyées après avoir pris la fameuse terre rouge d’Iten.
Et bien sûr, le sommeil reste essentiel. Une petite sieste après l’entraînement et une bonne nuit dans le calme du centre font partie intégrante du séjour.
En résumé, on dispose ici de beaucoup des outils d’un athlète de haut niveau… tout en étant en vacances !
Et à part courir ?

Heureusement, il n’y a pas que la course !
Le soir, les parties de fléchettes, les jeux de société et les discussions autour du feu permettent de passer de bons moments avec les autres stagiaires.
J’ai également pu découvrir les alentours avec une randonnée à Kessup et une sortie au lac Baringo. Après quelques heures de route, place à un safari en bateau : oiseaux, hippopotames, girafes, phacochères… et même la visite d’un village traditionnel avec danses locales.



La journée s’est terminée par la visite d’un musée du Serpent. L’occasion, pour les plus courageux, d’en avoir quelques-uns autour du cou !
À Eldoret, après une séance sur piste, on peut également faire quelques achats ou manger un morceau au Java avant de rentrer.
Pour les déplacements, matatus et boda-bodas sont les moyens de transport habituels. Disons simplement que les règles de sécurité routière sont parfois… interprétées avec une certaine liberté !
Mais surtout, les rencontres !

Ce qui rend ce séjour vraiment particulier, ce sont les rencontres.
J’ai notamment eu la chance de croiser Eliud Kipchoge, deux fois ! La première à Eldoret, où nous avons pu prendre une photo avec lui. La seconde lors d’une visite surprise de son centre d’entraînement. Il a pris le temps de discuter, signer des chaussures et même participer à un TikTok avec un stagiaire.
Nous avons également rencontré Mekdes Woldu, recordwoman de France du marathon et du semi-marathon, qui préparait alors les championnats du monde. Nous avons pu courir avec elle et profiter de ses conseils.
Mais les rencontres les plus importantes restent celles avec l’équipe du centre et les autres stagiaires. Ce sont eux qui ont partagé les séances, les repas, les fous rires et les discussions autour du feu.
Au final, ce séjour à Iten aura été bien plus qu’un stage de course à pied.
Deux semaines de sport, de découvertes, de rencontres et de souvenirs inoubliables, au cœur de la région des champions.
Et maintenant, une seule question reste : quand est-ce que j’y retourne ?

Trop cool ce séjour au RUN’IX ATHLETIC CENTER, ça donne vraiment envie d’aller courir au Kenya