Par Camel B.
Dialogue père fille début 2026 :
« – Papa je dois faire un semestre d’échange en septembre avec une autre université, et j’aimerais aller en Malaisie.
– OK ça marche, je t’accompagnerai pour t’y installer et on en profitera pour se faire un petit trip dans le pays…
– Oh cool. Bisous bonne nuit »
Je raccroche.
10 secondes après : Google.
Mots clés : Race, running, malaysia, september.
Premier affichage : Malaysia Trail by UTMB, 13K, 20K, 50K, 100K…
Une minute après : recherche terminée, les dents un pipi et au lit… j’ai pas dormi !
Voilà donc la tête et le séjour qui allaient s’articuler autour de ce challenge de début de saison…
Après la sortie club en juin et le trail Maginot d’une trentaine de km, j’avais envie de passer encore un cap, alors inscription sur le MY50 avec une bonne dose d’excitation et un peu de précipitation… Oui, car finalement, un petit genou récalcitrant a bien changé la donne : j’ai attendu le dernier moment mais la bascule sur la distance inférieure était vraiment indispensable, je souhaitais ni déclarer forfait, ni accentuer la tendinite (rotule). Aussi, écoutant la voix de la raison m’invitant à la suivre, cette voie, j’ai pris le départ du 20K (soit 25km avec 1000 de D+) sans me mettre d’autre objectif que celui de terminer sans casse en profitant de l’instant présent.
Premier point : Il y avait un élément à prendre en considération car non négligeable… Je l’ai réalisé à partir d’une petite remarque anodine de Guillaume au dernier entraînement du mardi en juin (Expérience et conseil du coach oblige) : la météo ! Alors il faut savoir que la Malaisie en septembre, il fait chaud, mais chauuuuuuud… et c’est humide, mais humiiiiiiiiide… il fallait bien une bonne semaine pour s’y adapter même si la première partie du séjour dans le pays à Kuala Lumpur était un niveau au-dessus question atmosphère pesante, étouffante… mais là c’est une autre histoire car la course a eu lieu ailleurs, au nord ouest du pays, dans la petite ville de Taiping.
Les jours précédents le départ, comme dans tous les UTMB, il y a le village où c’est l’occasion de sentir monter l’effervescence en réceptionnant le dossard, puis en se promenant à travers les stands pour y faire son marché, découvrir les bâtons avec fixations aimantées et c’est « very strong », ou ces dernières chaussures qui font courir vite avec le nouveau système de téléportation activée par microalvéole Bluetooth capillo-tractée. Bref… Teknologiaaaaa…
Très appréciées également, les animations proposées aux couleurs locales s’imprégnant des cultures indienne (danses traditionnelles), chinoise (percussions), anglo saxonne (guitare, batterie, synthé, un micro pour chanter dedans les standards du top 50… un concert quoi…) enfin un ensemble vraiment très dépaysant. Et, ce qui aurait fait plaisir à quelques asphaltiens : une gastronomie reprenant les spécialités de la cuisine asiatique du nord au sud, d’est en ouest. Estomac préparé néanmoins car souvent, la précision « not spicy please » se traduit par « juste un tout petit peu d’épice comme ce qu’on donne aux enfants pour les habituer »… et c’est déjà le feu en bouche…
Bref, ambiance de pré-course très sympa, et surtout à taille humaine, c’est peut être la grosse différence avec l’UTMB originel de Chamonix, le valeureux et la valeureuse de cet été pourront en témoigner…
Alors le parcours maintenant : il a amené les coureurs(euses) d’abord à travers les jardins du lac Taiping où j’ai été impressionné par le nombre de pratiquant de Taï Chi, Qi gong et autres formes de gymnastique (parce que pour certains groupes, on était plutôt sur du fitness…) à l’heure du départ de course 7h… Ils n’en étaient pas à leur échauffement ! Nous avons même eu droit à une longue haie d’honneur, et en rythme chorégraphié s’il vous plaît… Le tableau était beau…
Direction ensuite vers le premier ravitaillement au « Tiger Temple », accueilli par un orchestre traditionnel et un dragon… Bizarrement, personne n’a couru plus vite, au contraire, on a tous ralenti. Passage également par le sanctuaire bouddhiste de Sasanakkha pour atteindre un des points culminant offrant une vue sur Taiping et le détroit de Malacca. Le tout à travers les réserves forestières (pour certaines parties ouvertes exprès pour la course) et les rivières (rafraîchissement assuré et bienvenu) pour finir le long du cimetière britannique de la Seconde Guerre mondiale où personne n’y est resté…



Ressentis de course : un parcours agréable avec peu de grosses difficultés techniques. Avec un peu plus de 1000m de D+, autant je n’ai pas forcé sur les parties plates, les descentes et le bitume, autant je me suis laissé aller sur un bon rythme en côte. Et chose surprenante, la fréquence donnée par les bras (le planté de bâtons j’vous dis…) était régulière sur tout le parcours et c’était plutôt agréable de doubler en V.O. (‘scuze mi, in your right plize !). Même en ayant pris le temps, le classement confirme cette impression du D+ : Premier check point à la 660è place, arrivée 440/1110 participants. C’est cool…
Première aventure d’une course à l’étranger. Certains au club en font presque une spécialité (coucou Chakib) et ça se comprend. Après, en toute sincérité, il manquait juste une chose pour que cela soit vraiment très bien : le partage ! (Pour la petite histoire, ma fille n’a pas pu sortir de la région de son université…) Courir seul, c’est normal. Rentrer seul à l’hôtel avec sa médaille de finisher autour du cou, c’est bof. Et c’est là que les courses club prennent encore plus leur sens…

L’expérience reste très positive et demande à être réitérée. Quelques idées déjà en tête… Alors à suivre… En attendant, on reprend la saison rapidement au Tremblay !





Tu vas nous donner envie d’aller courir à l’étranger !!!
ça a l’air super
bon sauf la chaleur et l’humidité ça me fait moins rêver
Bravo!!!