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Trail de Serre Chevalier by Marc Fleureau

En cette année si particulière liée à la Covid, j’espérais pouvoir fouler les chemins montagneux au moins une fois dans l’année. J’avais pour objectif avec mes 2 témoins de mariage de faire un trail ensemble. Jusqu’à présent nous n’avions pas pu se retrouver tous les 3 sur un même événement. Sur 2020 pour maximiser nos chances de se retrouver nous avons coché plusieurs dates : La marathon race d’Annecy et le trail de Serre Chevalier.

La crise sanitaire étant passée par là, tous les événements sont tombés les uns après les autres… L’organisation de la Maxi Race a dû annuler l’ensemble de ces courses (ce ne sera que partie remise pour 2021) mais celle du trail de Serre Che avait l’air plutôt confiante vu que l’échéance était en septembre. Les dieux du trail ont dû entendre notre prière et l’événement a pu être maintenu.

Et quelle édition ! Une météo magnifique sur le WE, un peloton plutôt relevé et surtout une très bonne ambiance ! Au niveau de l’organisation, motivée comme jamais et tellement fière de leur terroir et le soulagement de pouvoir faire l’événement préparé depuis plusieurs mois. Et bien sûr au niveau des coureurs qui mesurent la chance d’être sur cette ligne de départ et moi le 1er.

Avant de débriefer la course, petit retour sur l’entrainement et le chemin jusqu’à cette ligne de départ. Sur mes précédents trails, je repartais systématiquement avec une blessure tendineuse et j’avais à cœur de me préparer pour profiter et de ne pas avoir mal… Le confinement est là, et la course est passée clairement au second plan mais j’ai essayé de faire un circuit training tous les 2-3 jours pour entretenir la forme. Puis reprise début mai de l’entrainement à proprement parlé avec un objectif de 4 séances semaines. Avec le dossard de la Marathon Race, il nous était possible de tester l’application de coaching digital : Run Motion Coach. Je prends l’abonnement test et c’est parti pour les semaines d’entrainements. Clairement cela m’a permis de gagner en vitesse mais j’ai manqué de D+ dans ma préparation. Je reste confiant car j’ai fait beaucoup plus de volume que d’habitude et surtout plus régulièrement. Quelques sorties typées trail, quand même, en forêt de Montmorency et Fontainebleau avec les copains de l’Asphalte. Bilan : 909km et 10300m de D+. Je suis plutôt confiant et j’espère faire la course entre 9h30 et 10h pour 56km et 3850 de D+.

La semaine d’avant course j’essaie de rester tranquille et je suis scrupuleusement le plan d’entrainement. Malheureusement les enfants à la maison sont malades et mes nuits sont hachées… Au niveau nutritionnel, je teste le régime dissocié modifié de Nicolas Aubineau. Les rations sont très copieuses.

J-1, je retrouve l’un des copains, Seb, dans le train direction Lyon où nous rejoignons Nico. Une fois arrivés, en route vers Le Monêtier les Bains, lieu de notre Air B’n’B et du départ de la course. Le timing est serré et nous arrivons pile poil pour récupérer nos dossards. Nous rentrons à notre logement pour préparer nos affaires et se préparer un repas d’avant course. Le stress monte de mon côté, je n’arrive pas à me détendre. Le cardio est haut alors que je ne fais rien… Je suis de nature un peu stressé mais là j’ai clairement mal géré… Forcément nuit pourrie. Il faut vraiment que je travaille la gestion de mon stress car le trail est avant tout un loisir et je ne vise pas le top 10 des courses.

Réveil à 4h45 pour un départ à 6h, sauf qu’à 4h20 je suis déjà au taquet. Je prends mon petit déjeuner : 2 muffins gâteaux sport + une crème amande de la marque Atlet que j’avais déjà testé. Pause technique à plusieurs reprises pour partir léger. J’ai quand même une lourdeur sur l’estomac : stress ou problèmes de transit ?

On se rend sur la ligne de départ en trottinant. Les premières sensations sont mitigées. Le stress est toujours présent et le cardio est haut (autour de 110-120 puls comme si je trottinais alors que je suis dans le sas de départ).

Super ambiance, tout le monde est content d’être là. Bien sûr port du masque

Top départ, 6h tout pile, c’est parti pour cette nouvelle aventure. Ventre noué, j’attaque les premiers km d’un bon rythme sans me mettre dans le rouge. Avec Seb, nous nous étions dit qu’il fallait se positionner pour ne pas se retrouver en queue de peloton. 

Les 10 premiers km sont que de la montée (un petit 1400 de D+ et 150 de D-) vers le col de Chardonnet (2770m). Je pointe à la 79ème place en 1h42. Le jour se lève et le soleil commence a éclairé les sommets. L’environnement est magnifique.

Je bascule de l’autre côté pour entamer la descente vers le 1er ravito. Je range ma frontale et c’est parti pour ces 500 de D-. Je prends du plaisir en descente et essaie d’être relâché un maximum pour ne pas griller trop de cartouches. Je fais une pause pour resserrer mes chaussures. Je rattrape mon ami Seb qui était devant à la montée peu avant le ravito. On a fait un petit 15 km en 2h10. Je mange une compote et remplie mes flasques. Je n’ai pas du tout envie de manger du solide et j’ai toujours cette lourdeur sur le ventre.

On fait une petite photo avant de repartir en direction du col de la Roche Noire.

On sent déjà l’effort dans les jambes alors que la route est encore longue. On repart à 2. Je prends un peu les devant dans la montée du col de la Roche Noire. Le paysage est très minéral mais très agréable. On sent bien que l’on est en haute montagne, ma fréquence respiratoire grimpe à des sommets rarement vu en entrainement. La montée se passe bien ! on est accueilli par un accordéoniste et les vues sont superbes.

Déjà un petit 3 h de course, je pointe à la 118ème place. L’arrêt un petit long du 1er ravito se fait tout de suite ressentir dans le classement. Il faut vraiment que j’apprenne à me ravitailler plus vite.

Surtout que je redouble des coureurs en descente. La descente est top, un peu technique par moment mais j’adore descendre. Je sens que le ventre est balloté dans tous les sens et la lourdeur ressentie du début de course prend de l’ampleur. J’essaie de bien respirer et d’être bien relâché.

J’arrive au ravitaillement n°2, une quinzaine de minute avant le copain. Je prends le temps de retirer mes chaussures, de remettre de la crème anti-frottement. Mon ventre n’est pas au top mais je me force à manger du jambon sec et de boire. Mais quelque chose bloque dans mon ventre et je ne comprends pas trop. Juste avant que je reparte, je vois Seb arriver, il n’est pas trop dans son assiette et accuse le coup. J’avoue que de mon côté les 4 heures de courses se font bien ressentir mais les jambes répondent correctement, juste le ventre m’embête un peu.

Je repars tranquillement au téléphone avec ma femme. Le sentier est plutôt sympa car je suis dans la forêt alors que le soleil commence a bien tapé… j’avance tranquillement mais je commence à faiblir un peu. Le parcours sur cette partie est plutôt roulant avec de superbes monotraces en balcon. J’avance correctement. Les vues offertes par le parcours sont toujours aussi belles.  Les paysages sont très rocailleux contrairement à d’autres parcours réalisés dans les alpes du Nord. Peut-être est-ce dû à l’altitude du parcours (très souvent au-dessus de 2200m).

Avant le 3ème ravito nous avons la chance de passer au lac de Cristol juste avant la porte de Cristol. Lieu très apaisant. Je discute avec un traileur qui fait une pause puis je continue un bout de chemin avec lui avant de le distancer avant le 3ème ravito. Je fais moi-même une pause dans ce lieu.

J’arrive au 3ème ravito à 12h (après 6 heures de course et 35 km parcouru, environ 2600 de D+ et 1600 de D-. Je ne me sens pas au top de ma forme. Je me sens fatigué et je n’ai pas envie de manger grand-chose. J’essaie de m’hydrater surtout et je mange 2-3 morceaux d’orange… ce n’est pas grand-chose mais le reste ne passe pas. En discutant avec des coureurs et avec des filles de l’organisation, j’apprends que le parcours fait en réalité 60,5 km et 4000m de D+ au lieu des 56km annoncés et 3890m de D+. Ce n’est pas grand-chose mais quand on est fatigué, ce peut être long. Je reste au ravito environ 20min et pointe en sortant et je pointe à la 170ème position (perte de places lié à mes longues pauses au ravito et sur le parcours sur ce tronçon).

En sortant de ce ravito, je ne me sens vraiment pas bien et je décide de m’allonger à proximité du parcours pour m’assoupir 10min. Je ne dors pas vraiment et en reprenant le chemin je ne vais pas forcément beaucoup mieux. J’avais en tête que ce passage de course était plutôt descendant. En réalité pas du tout.

Nous montons sur les crêtes de Peyrolle. Secteur encore magnifique du parcours. Toujours très minéral mais avec des couleurs insolites. Un versant complet de la montagne d’une couleur rouge à cause d’une petite plante du secteur.

Belle montée en perspective. Nous prenons quand même 350m de D+ sur cette portion. Les passages sont aériens et j’en prends pleins les yeux. Un coureur me prend en photo devant la croix de la Cime.

J’ai une pensée toute particulière pour mon père, ce qui me motive et me fait avancer. Peu de temps après je fais même un WhatSapp avec ma femme et mes enfants (juste avant la sieste de la petite). Ça me remotive et je leur fais profiter des vues magnifiques qu’offrent ce spot.

Les crêtes se terminent et on entame une longue descente vers le 4ème ravito. Les jambes sont lourdes et les appuis ne sont plus très souples. C’est vraiment à ce moment-là que je me dis que je n’ai pas fait assez de D+/D- dans ma préparation.

J’arrive à proximité du ravito 4, je pointe à la 172ème position. Je reste stable en position sûrement lié à des abandons car je n’avance pas bien vite. Une bénévole m’indique qu’il ne reste plus qu’une petite descente et une petite montée avant le ravitaillement… En fait la petite montée est un mur… Et quand on est fatiguée, bah on peste ! On monte 150m sur 800 m de distance.

J’arrive au ravito numéro 4, et je ne suis vraiment pas bien. Mes soucis de ventre ne s’améliorent pas. J’ai le sentiment d’avoir quelque chose de bloqué en permanence sur le haut de l’estomac et comme une lourdeur intestinale (une sorte de burn out du système digestif !). La fin de ce tronçon, jusqu’au ravito 4, a été faite dans la douleur avec aucun plaisir et vraiment lentement. Je prends mon temps au ravito en espérant qu’un second souffle arrive… J’ai froid alors que tout le monde est en t-shirt… ça ne sent pas bon cette affaire.

Pourtant il ne reste que 12km avec 600 de D+ et 1400 de D-, mais j’ai très envie d’arrêter ou de prendre le parcours de replis (qui engendre une pénalité de 2 h). J’essaie de manger quelques morceaux d’orange. Comme toujours j’ai plein de barres énergétiques et de céréales dans mon sac mais je n’ai pas envie du tout d’en consommer.

Et au bout de 20 min de pause, qui je vois arriver ? Mon ami Seb qui n’est pas très bien mais déterminé. Un autre coureur nous donne du baume du tigre : Pour Seb pour son dos et moi pour l’extérieur de ma jambe droite qui tire, en espérant que ça m’évite un réveil du TFL qui est restait muet pour le moment depuis le début de la course (soit 48km, 3400 D+ et 2600 D-).

Après 40 min de pause au total pour moi… je repars avec Seb. J’avais mis ma veste mais avec l’effort, le corps remonte vite en température. L’objectif pour cette montée au Grand Aréa (2869 m) c’est uniquement de mettre un pied devant l’autre. L’unique but étant de finir en se disant que la descente coulera toute seule…

La montée est difficile et le manque d’oxygène se fait clairement ressentir. Ma fréquence respiratoire n’a jamais été aussi haute depuis un moment (entre 22 et 26 RPM sachant qu’en IDF je suis plutôt autour de 14). Quand on se retourne le paysage est magnifique. 

Une fois en haut on pointe, je suis 180ème. Le paysage est magnifique : vue à 360° sur les montagnes aux alentours. On voit même la ville de Le Monêtier Les Bains. Mais je ne suis pas bien et je n’en profite pas comme il faudrait. La tête entre les jambes et les yeux fermés, la forme n’est vraiment pas au beau fixe. Je me concentre pour ne pas faire de malaise… Ça ne m’est jamais arrivé ni en sport ni ailleurs… Drôle de sensations !! Seb reste un peu avec moi et on se décide de repartir. Petite photo au sommet pour immortaliser le passage !

C’est parti pour 8km de descente pour atteindre l’arrivée ! Seb part devant et je ne le reverrai qu’à l’arrivée ! Pour moi, c’est plus compliqué… dès que je cours mon ventre ballotte et cette lourdeur ne me lâche pas. Je marche à 2 à l’heure tel en gentil escargot… J’ai des fourmis dans les avant-bras et un peu dans les mollets. Sensations très étranges ! Est-ce que ce sont les prémisses d’un malaise à cause de l’altitude, de la fatigue, d’une hypoglycémie (car il est vrai que je ne me suis pas beaucoup alimenté sur cette course) ?

Beaucoup de coureurs me doublent et j’avance tout doucement. Je n’arrive pas à rattraper un randonneur qui descend lui aussi mais avec un sac de 10-15 kg. Je me force à boire de l’eau avec du coca que j’avais pris au dernier ravito.

A 5 km de la fin, les sensations reviennent après m’être massé le ventre et avoir fait pipi. Je commence une vraie descente en courant, youpi ! je redouble beaucoup de coureurs et profite de ces sensations retrouvées. Je boucle même le dernier km en 4.30/km pressé d’en finir.

Je retrouve les copains à l’arrivée : Nico m’attend sur le côté car il s’était rabattu sur le parcours du 26 km et Seb est en train de se faire masser. Je récupère ma médaille en bois de finisher et me pose tranquillement sur l’herbe avant de faire une douche froide au jet d’eau extérieur car pas de douche possible avec la Covid. J’aurais, finalement, bouclé le parcours de 60 km et 4000 de D+/- en 11h44.

Course au combien attendue car cette année il fallait avoir de la chance pour porter un dossard. Ma gestion n’a pas été des meilleures… J’ai profité réellement jusqu’au 25ème puis après cela a été un enchainement de hauts et de bas avec beaucoup plus de bas. 

Je pensais être bien préparé mais le chemin est encore long. Un vrai travail est à mener sur mon alimentation du quotidien, d’avant course et de course pour mettre toutes les chances de mon côté. Clairement, je dois bosser le D+/D- de manière plus assidu.

Concernant le parcours du trail de Serre Che, rien à redire ! le parcours est magnifique, superbe, exceptionnel ! il fait parti des plus trail que j’ai fait avec les Crêtes du Chablais. 90% de monotraces avec des passages en crêtes, d’autres en balcon, d’autres en sous-bois et dans les pierriers.

Par contre c’est un parcours exigeant car ce sont les montagnes russes et les parties planes sont le plus souvent en dévers. De plus le parcours est à plus de 80% au-dessus de 2000 m d’altitude.

Que dire de l’organisation, à part qu’ils ont été quasi irréprochables ! gestes barrières parfaitement appliqués, au service des coureurs et avec une très bonne ambiance.

Assurément, un trail à cocher dans son calendrier de course !

Bilan sportif : content d’avoir fini la course sans blessures avec uniquement de la fatigue musculaire. Pas d’ampoules non plus, mon protocole de tannage et crémage de pied à porté ses fruits.  Par contre je suis déçu de la performance du jour, de mes problèmes de bides… Après analyse de l’enregistrement de ma montre, je suis resté en pause plus de 2h… c’est énorme ! Il reste un gros travail d’optimisation de l’ensemble. 

En termes d’équipements pas de soucis particuliers ! j’hésite toujours à prendre mes bâtons car dans tous les cas je ne vais pas plus vite. A méditer pour les prochaines courses.

3 Comments

    • Marc

      Slt Philou!
      Merci beaucoup! Super aventure et super trail. Il vaut vraiment la peine de le faire.
      Je pense que je vais m’alléger pour la suite avec des courses sans bâtons.
      A bientôt

  1. Olivier S

    Bravo Marc !!! Déjà d’avoir pu prendre un départ puis d’avoir terminé, en plus au soleil … les planètes étaient alignées ! A bientôt

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