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REPRISE SURPRISE : 5 septembre 2020 – Les 10 kilomètres de l’Hexagone à Pacé-le-Pont

Dans la zone verte qu’est actuellement la Bretagne la petite cité de Pacé – le – Pont, près de Rennes, vient de se distinguer en organisant successivement deux compétitions de valeur. Le 29 août dernier, sur piste, les championnats de France de 10 000 mètres et le samedi 5 septembre au soir, sur route, un 5 et un 10 kilomètres ce dernier labellisé qualificatif pour le championnat de France de Saint Omer en octobre prochain.

Village de Pacé d’après Wikipedia (photo dlr, licence CC 3.0 par Pymouss44)

Avec quelques adaptations nécessaires par la situation actuelle (pas de ravitaillement, départ et arrivée avec masques sur le visage, inscription uniquement par internet, pas de consigne, un seul podium des trois premiers et premières) tout était comme avant. Chacun s‘est plié à ces nécessités dans une excellente ambiance et un excellent plateau était réuni, douze athlètes dont la championne de France, Mezeghane Saad, annonçant des performances à moins de 32 minutes. Cela valait bien une lourde médaille souvenir et un porte gourde distribués à chacun avant la course pour éviter la bousculade. Bref, avec un présentateur très informé des coureurs régionaux tout a bien été construit par les organisateurs. Ayant loué pour ma part une chambre agréable dans la maison d’hôte Ti-Gwen tenue avec un goût très sûr par une ancienne licenciée de course j’ai rejoint guilleret et inquiet la ligne de départ.

Celui-ci étant donné à 21 heures l’ambiance ressentie était celle, gaillarde et enjouée, de la corrida avec la lumière inhabituelle des lampions de ville et la présence fantomatique de masques pour chacun. Pour ma part n’ayant pas couru en compétition depuis les 15 kilomètres de Charenton et ayant laissé mon cœur en région parisienne, je m’étais hardiment glissé en mi peloton sachant que cela irait vite devant et qu’il ne faudrait pas s’attarder. D’ailleurs les panneaux de rendez-vous ne prévoyaient que des coureurs à 30, 35, 40 et 45 minutes comme temps de course.

Didier Lobo m’ayant utilement souligné qu’il fallait se qualifier pour les championnats de France avant le 13 septembre et vu que mon temps de 50 02 réalisé à Thiais il y a longtemps n’était pas suffisant de deux secondes nous partîmes trois cents mais par un prompt renfort de public nous fûmes plus du double en arrivant au port. Trois boucles étaient prévues avec deux faux plats montants assez longs qui étaient sensibles à chaque tour plus une forme de tourniquet à virages qui vous permet de ne pas voir que celui qui est devant vous commence à vous lâcher mais vous donne une vue excellente sur ceux qui, ayant déjà tourné le raidillon, reviennent dans l’autre sens à beaucoup plus à l’heure que vous.

Par émotion, paresse ou manque d’habitude de fonctionner à nouveau, ma montre n’ayant pas voulu s’enclencher, je fus vite dans le noir et ceci pas uniquement car la lumière extérieure était chiche. Heureusement chaque trois kilomètres trois cents le présentateur vous précisait votre temps prévisionnel en partant de l’idée, audacieuse, que vous n’alliez pas vous fatiguer.

Je n’avais pas oublié que c’est vers le septième kilomètre que votre chrono se joue et j’étais en nécessité de m’accrocher à tout ce qui pouvait me tracer la route. Opinément je trouvais trois jeunes gens d’une vingtaine d’années avec lesquels je peux faire route conjointe jusqu’au neuvième kilomètre où je décidais de les laisser en arrière. C’était bon signe car sauf ennui physique le souffle était bon, le cœur discret et les jambes régulières. Affuté par les sorties à bicyclette sur les routes de l’arrière- pays, le fractionné sur la plage suivant les conseils de Roger Hellenis et les sorties escarpées sur le sentier des douaniers qui domine le port de Binic je commençais à penser à la qualification possible.

L’arrivée fut, comme prévu, un long ruban solitaire avec peu de spectateurs à cette heure, favorablement troublé par les trois cents derniers mètres d’un sprint avec une demoiselle de vingt ans, venue de Quimper avec son entraineur qui rythmait les foulées. Cette dernière chance de finir le plus vite possible me permit de remettre sans trop de déplaisir mon masque à l’arrivée. Petite sensation d’étouffement toutefois dans les premiers pas d’après course chacun était un peu rouge mais c’était le jeu…

Bilan satisfaisant, résultat positif obtenu dans le journal local, le lendemain. Pacé voici l’avenir, Saint Omer nous voilà.

Christian Pallandre

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