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Le Sparnatrail 2009 – C.R.

Dimanche 8 Novembre 2009 – Epernay – « Le SPARNATRAIL »
 

CR de Philippe DELACROIX 
Pourquoi cette course en pleine Marne, à quelques kilomètres de Reims ?

Deux raisons. 

– la première est que cette course figurait dans le calendrier des courses qui rapportaient le point « sésame »  pour la loterie de décembre concernant une éventuelle participation à la C.C.C. de l’été 2010 ! Pour faire simple : le droit au rêve !

 – la deuxième, plus matériel et symbolique. La course me paraissait sympas, bien organisée, pas trop loin de notre contrée et surtout son nom me plaisait beaucoup. Il évoquait l’histoire, le terroir, les racines de l’homme et bien entendu le côté bulles !   

 

CR de cette course

Départ commun en voiture de Nogent avec François à 4h10 du Mat. Je suis le conducteur et lui le co pilote!

C’est parti pour l’autoroute en pleine nuit. Premier péage, un gendarme m’invite à souffler dans un tube…Ma tête est elle celle d’un clubber ? D’autant plus, que le François, pour une fois, était habillé Soft ! Il n’avait pas sa combi. habituelle : lunettes de soleil et Bandana flashy.

Je m’exécute, la machine sonne? Zéro stress, le cœur ne monte pas car je sais qu’il y a 0,00 gr/l dans mon sang. Feu vert, nous pouvons continuer notre route.   

A 5h40/6h, nous arrivons à Epernay. La ville dort. Le parking du Hall des sports Pierre Gaspard est vide ! Nous sommes les premiers du jour pour retirer les dossards. Vu l’avance et vu le taux d’humidité qui règne dans le gymnase, je décide de regagner la voiture pour aller au chaud continuer ma nuit. J’allume le chauffage, la radio, position des pieds en éventail, je ferme les yeux sur de la musique classique de S. Bach : « Piano va sano ».

François lui est parti dans le gymnase, mangé son certain délicieux gâteau sport ! 

6h40/7h10, c’est le moment de se préparer, je rejoins le gymnase, beaucoup plus de monde maintenant. Une copine arrive, on tape la discute. Puis, toujours les mêmes questions : tu prends quoi, tu apportes combien d’eau ? Yaouhh chouette tes chaussettes François!

On croise clément P. et pierre L . qui vont courir le P’tiot Sparnatrail. 

7h20/7h30, briefing de l’organisateur et on nous invite à sortir pour rejoindre la ligne de départ, un peu plus loin en ville. Le P’tiot Sparnatrail, le relais et le Sparnatrail auront un départ commun et partiront en même temps. Mais avant ça, original, un échauffement d’avant course en commun !      

7h45/8h : P ‘tite discution de l’organisateur. Il est tout fier de nous parler de cette toute nouvelle Avenue de Champagne d’où le départ sera donné dans quelques instants. Il nous explique que nous avons couru et que nous allons encore courir sur des km de caves et des millions de bouteilles. Il nous explique également que le tour de France cycliste partira également de cette avenue l’été prochain…

Puis le départ est enfin donné. C’est vrai que cette avenue est prestigieuse! Cela donne soif rien qu’à l’évocation des noms des Propriétés. J’ai les jambes qui me chatouillent. Je reste dans le premier tiers de la course ? Non, trop lent ! Je décide de suivre la tête de course. Il y a 8 kilomètres de plat au début, alors autant se mêler à la tête de course pour les voir un peu ! On ralentira quand il faudra c'est-à-dire dès la première côté.

Je regarde autour de moi, cela à l’air des locaux et ils se connaissent bien ! Je compte mes compagnons, 1,2,3,..9 et avec moi 10. Mais il y a peut être des coureurs du P’tiot ou de la course en relais, donc ils vont mettre le cligno à mi parcours ! Un regard sur mon Polar, il m’indique entre 14 et 16 km/h de moyenne. Bigre, est-ce trop rapide, on verra bien plus tard. On longe la Marne. Peu après un pont, fini le bitume, on arrive sur terre. Le trail va pouvoir maintenant vraiment commencer. On fait les bordures car la boue est bien présente. On zigzag, on recherche la meilleure trajectoire pour trouver les meilleurs appuis. Devant cela s’accélère, je laisse filer. Puis on arrive dans les champs, il faut maintenant accepter de courir dans la boue… Première vue sur les vignes, sympas le paysage, j’adore…et c’est partie pour la première côte. Dans un virage, je regarde rapidement derrière, le peloton est déjà très étiré.  Le parcours se résume maintenant en une succession de côtes et de descentes avec des moments de plats.

Moment « Privilège » pour les Traileurs, nous passons dans le Parc de l’abbaye d’HAUTEVILLIERS (Moet et Chandon), lieu historique où le moine DOM PERIGNON élabora les prestigieuses cuvées pour la petite histoire. En foulant ces allées, on se dit qu’il doit en avoir des trésors sous nos pieds !!! Mais pas le temps de creuser, je passe déjà sous un porche en pierre indiquant la fin de la propriété. Maintenant, la course se poursuit dans une zone boisée où les couleurs de l’automne rendent l’endroit magnifique.

 Au loin, j’entends pour la première fois des coups de fusil. Les chasseurs sont éloignés, pas de peur à avoir. La course alterne passage en sous bois, bordure de champs, on monte puis on descend…Je rejoins un « local » dont le prénom est crié par bon nombre de bénévoles. Est-ce une célébrité ici ? Premier ravito, on m’annonce, la tête à 8mn seulement. Côté ravitaillement, c’est royale : froid, chaud, sucré, salé…On sait recevoir à Epernay ! Je fais remplir ma gourde par une bénévole sympathique puis repart sans avoir été tenté. Je rejoins de nouveau « la célébrité ». Je l’interroge pour savoir. Il me répond qu’il a participé à presque toutes les éditions! Respect, l’ami.

Petit passage en ville, on franchit un passage à niveau, ouf… pas de train à l’horizon. Puis, on longe maintenant une magnifique allée de Platanes. L’endroit est trop jolie, j’abandonne mon compagnon pour taper la discute avec un platane mais surtout pour soulager ma vessie! Je reprends seul le parcours, derrière, 2 coureurs me talonnent de près. J’arrive à relancer. Nous arrivons de nouveau dans les vignes. La bifurcation entre le 30 et le 55 arrivent. Des bénévoles nous indiquent le chemin à suivre…Je relance et j’arrive toujours à monter les côtes en courant.

 

Puis arrive en vue au loin une église tout en haut d’une colline. Cela parait être en haut des nuages tellement le ciel est bas! Il s’agit de l’église moyennageuse de CHAVOT, seule isolée dans les vignes. Je me dis « challenge » ne pas marcher ! En haut, c’est gagné mais… surprise cela remonte immédiatement derrière avec même un passage aidé d’une corde en montée puis en descente! Seul problème, il manque de la corde en descente !!! 

Le terrain est plus accidenté, il fait plus humide à cause du vent, mes doigts sont gelés mais les jambes tiennent. Le deuxième ravito arrive. On m’annonce la tête à 15/20mn !!! Je décide de m’arrêter pour boire quelque chose de chaud pendant que je me fais remplir mon bidon. J’avale un demi Mars puis un Tuc. 2, 3 coureurs passent, tant pis, je les laisse filer enfin de finir de boire mon thé chaud. Et Hop en avant pour la dernière partie de course soit 20km ! Le terrain n’est pas évident, beaucoup de sol boueux, plus humide est assez vallonné. J’attends de nouveau un coup de fusil mais cette fois-ci avec le bruit des grains de chevrotine sur les feuilles tout proche !!! Je ne fais pas le fier et décide de ne pas m’attarder sur place. Arrive le 42ème km, je regarde la Polar, 3H42. La course continue. Me voilà de nouveau dans le monde de l’Ultra.

Cela reste encore l'inconnu pour mon organisme!  46ème kilomètre c'est le début du premier coup de mou, je prends un gel puis je bois ce qui me reste. Mais je suis dans "le Rouge". Complètement embrumé, je me force à suivre un coureur qui me dépasse. Erreur, il nous égare. j'enrage… Et en rajoute pour plus d'un km, même le mental est touché maintenant…Mon Polar m'indique 52 km, l'arrivée est là. J’ai soif, il me reste une p’tite gourde de Coca, je l’avale mais cela ne calme pas ma soif. J'erre, complètement H.S.. Un bénévole m'indique 5 km à faire je lui réponds que j’ai déjà 52km? Je n'arrive même pas à capter que la différence, c'est le plantage de parcours!

L'aiguille de la jauge d'énergie à plat totale, suis presque dans le noir. Maintenant, je suis au fond du trou. Je marche, je marche on me double 1…2…3 coureurs. Je relativise car je ne peux plus lutter. Je suis complètement à la ramasse. Maintenant, j'ai même du mal à marcher. Je cogite, je me demande si je vais le finir ce Sparnatrail !!! Nooon, il me faut finir pour ce "minuscule point". Tant pis, je marcherai jusqu'à l'arrivée. Le mental, il ne reste plus que le mental pour finir. Je mange tous ce qui me reste, une barre de fruit, une barre d'amende, j'ai soif mais j'ai plus de flotte…Un bénévole m'en donne un peu, sympas à lui, devant moi une côte de 200m à peine, je crois voir une montagne. Je marche, je marche…Je me force à courir dès le haut. Je ne dois plus m'arrêter maintenant sinon c'est foutu! Un gars arrive, je le suis. Il me crie: plus qu'un gros kilomètre! Dernier challenge, passer sous les 5h! Il me reste 6/7 minutes à la montre. Je n'arrive pas à suivre mon compagnon sur une autre côte, je remarche puis recours. Une loque, une épave arrive en ville, j'ai plus de jambe. Dernier challenge perso., passer sous les 5h! Un bénévole me crie 800m avant l'arrivée, il me reste 800m à faire…Je regarde la montre: 2 minutes. Malheureusement, je n'ai jamais eu les jambes de Marie Jo Pérec. C'est foutu, je ne passerai pas en – de 5h, pour une minute et 26 secondes, tant pis l'essentiel c'était "le sésame" du point UTMB donné au Finisher.

C'est gagné! Mission accomplie : la ligne est franchie. Je me dis qu'est ce qu'on peut être c.. . Faire tout ça, pour 1 point! M'enfin, ma pensée est déjà ailleurs, je commence à taper la discute avec deux nenettes afin de négocier une bonne souplette chaude gratos. Puis direction douche…Glaciale, Brrrrr.

Les gars, comme vous, je peux maintenant commencer réellement à rêver à Cham. si je passe comme vous la loterie de décembre!!! De mon côté, cette défaillance au-délà du 46ème va devoir être analyser car sur la CCC cela sera une autre paire de manche.  
Je garderai la bouteille de Champ offerte à l'arrivée précieusement. Et d'ici 1,2 ou 3ans, elle sortira de ma cave, je la savourerai en souvenir de cette épreuve où j'ai souffert le martyr dans ces 5 derniers kilomètres! 

La place, 15ème au scratch en 5h01'26", 8ème V1h

PS: L'organisation et le parcours est au Top: balisage, ravitos excellents, bénévoles super sympas. Equipe de kiné et podo qui prennent bcp de temps pour les soins contrairement à d'autres courses. Soupes chaudes et repas froid à l'arrivée, avec pour les connaisseurs un beau stand de Chimay. 

Merci d’avoir lu ce C.R.

Bigos

Philippe D. 

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C.R. François Pierrang

 

Effectivement il parait qu’il y avait moins de boue que l’an passé mais elle était plus collante !

Ah ce fameux terrain argilo-calcaire faisant la réputation du merveilleux breuvage aux fines bulles que nous aimons tant lors des fêtes !

Nous l’avons soupesé, trimballé sous chaque pied sur des km, mesuré toute son adhérence, toute sa densité et sa viscosité à la fois. Que de glissades rattrapées tels des équilibristes te rappelant à chaque fois le plus infime de tes muscles et tendons dans ton corps qui encaisse.

Les trajectoires s’en trouvaient forcément moins rectilignes, évitant les flaques, les ornières, les passages boueux et caillouteux. Les bordures herbeuses souvent juchées sur des monticules en pentes à peine plus larges que les chaussures retenaient inévitablement les faveurs des traileurs mais attention aux câbles métalliques des vignes dont les extrémités tendues venaient mourir à quelques centimètres de nos foulées.

Si le paysage pouvait paraître un peu monotone dans la 1ère partie avec principalement du vignoble (et encore que les ¾ du temps tu es focalisé sur le chemin que tu suis), dans la 2ème partie quelques passages en forêt d’Epernay ont réussi à le rendre nettement plus attractif. En fait après la séparation des 2 courses au-dessus d’Epernay, le 56 km est devenu plus varié, plus sympa, avec du monde pour nous encourager à la traversée des petits villages mais plus dur aussi avec plus de dénivelé, de sacrées grimpettes, des passages avec cordes et même à 4 pattes pour gravir un talus de 3 m !

Au final j’étais plutôt content, pas trop entamé malgré quelques débuts de crampes, et comme à Compiègne j’ai bien géré mon allure et réussi à reprendre une bonne 15aine de gars qui m’avaient doublé auparavant.

Laurent et Pascal finissent 45 et 46e. Ca a du bon les entrainements sur piste hein Pascal!

Philippe et moi revenons avec notre sésame, 1 point UTMB : 15e 5h01’ et 40e 5h36’ sur 320 partants.

 

C.R. de  Pascal  Clément 

Ben ouais, on pensait avoir de la boue…nous n'avons pas été déçu.

Mais bon, il ne faisait pas si froid et il ne pleuvait pas, et au dire des habitués de la sparna, il y avait moins de boue que les autres années !!! De toute façon on s'en doutait avant de partir .

La difficulté principale, dans ces circonstances, c'est de trouver un minimum de rythme avec 1 Kg de boue sous chaque chaussure.

Le tracé est principalement dans les vignes au dessus d'Epernay, donc paysage moyen.

Laurent et moi nous finissons ensemble, 3h08 pour le 30,7 Km. 

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