Menu Fermer

La C.C.C. : C.R. de ValVal

 

MERCI à toutes les personnes qui n’y ont pas cru, en premier lieu mon médecin qui doit me prendre pour une barge et qui m’a proposé pourtant de faire la Transeurope !!! Pourquoi pas ?

 

C’est  vrai qu’au retour de randonnée en juin j’étais en petite forme avec mes 7,6 de tension et les malaises vagaux, l’envie de courir ayant quitté mon esprit. Cela m’inquiétait car la date de début de mon plan d’entraînement, réalisé par mes soins se rapprochait. Fin juin j’ai enfilé mes chaussures sans grande conviction. Pourtant il fallait bien commencer, il restait  un peu plus d’un mois et demi, ce qui me semblait limite mais les problèmes de santé étant, le temps courait contre moi.

 

Après 15 jours d’entraînement, j’ai des vertiges dus aux cristaux de l’oreille interne. Me voilà arrêtée une semaine.  Mon médecin qui me dit que je n’ai pas de chance cette année, et je lui réponds que nous en sommes qu’à la moitié. Ça promet. Je me dis que je serais sur la ligne de départ qu’à deux conditions : être en forme, et entraînée pour le jour J. Ce qui pour le moment me semble difficilement réalisable…

 

Vu le temps qu’il me reste je dois être rigoureuse et régulière.

 

A mon collègue du SSMI, un ancien de 50 ans,  qui me voit partir courir, qui sait que je veux faire 98 km autour du Mont-blanc  et qui un jour me dit « Valérie, je garderai un bon souvenir de toi, t’étais quelqu’un de bien » ! Sans commentaire mais qu’est ce que j’en ai rigolé !

 

Je finis ma préparation sur mes terres. Je dois couper rapidement pour faire du jus. Un petit tour chez l’ostéo du coin, et me voila prête.  Je dis à mon frère que je suis prête pour la grande alors que je fais la petite, c’est mieux dans ce sens là !

 

La semaine de la course je me trouve à Megève avec ceux du club. Premier jour rando avec eux pour profiter un peu car je sais que les jours d’après seront consacrés au repos. Les deux bières prises à l’arrivée me tournent la tête. Je n’ai plus l’habitude.

 

 

J’en profite pour remercier Yvan, qui m’a préparé mes repas de midi avec ce que je lui fournissais.

 

Ha les bons plats d’Yvan, j’en profite un maximum, je fais des réserves, j’en aurais besoin la haut dans la montagne !

 

MERCI à vous tous pour vos encouragements au chalet lors de votre départ en randonnée.

 

Me voila parti pour cham. Je fais la file pour le retrait des dossards et m’aperçois que j’ai oublié mon sac de course qui doit être plombé pour éviter le changement de sac en cours de course. C’est trop tard pour retourner à la voiture et revenir,  je dois récupérer Alex mon collègue de Toulouse.

 

Il flippe comme un malade n’arrête pas de se toucher les genoux. Je sais que ça peut être stressant mais je ne le suis pas.

 

Repas de la veille. Une bonne bière et des féculents !

 

Départ vendredi matin pour Courmayeur avec  la navette. Lors du retrait des dossards, l’organisation nous a attribué la navette de 08H15. C’est l’avant dernière navette. Cet horaire n’est pas terrible même si on peut dormir un peu plus et prendre son temps au petit déjeuner. Nous arrivons à Courmayeur, tous les coureurs sont installés dans le sas de départ, les premiers assis par terre, nous nous retrouvons en bout de peloton !

 

Les hymnes suisse, français et italien rendent l’ambiance encore plus émouvante. Les ritalous retirent leur casquette de buffle et chantent haut et fort leur hymne.

 

Je me dis ça y est tu es sur la ligne de départ alors maintenant c’est que du bonheur, profite en un maximum et fais toi plaisir !

 

Alex me dit « on essaie de courir jusqu’à Champex ensemble ». Oui on peut essayer.

 

Départ : Nous voila partis en marchant bouchon humain dans le village, dès la sortie du village je me mets à courir et doubler, je regarde derrière. Alex suit toujours. Je continue 2ème kilo Alex m’appelle et me dis « Valérie, t’es sur qu’il faut courir maintenant ? », je lui réponds qu’il faut doubler un peu car il va y avoir des bouchons dès la première montée. Il suit. Il me dira  plus tard qu’il envoyait comme un malade pour essayer de suivre. Désolé Alex de t’avoir lâché si tôt (première grosse montée) !

 

Ça commence déjà à me gonfler ces bouchons, je prends patience, etdès que je peux, je double.

 

Je passerai peu de temps au ravito, d’abord parce qu’il y a rien qui m’intéresse et puis j’ai tellement de monde à doubler, je ne dois pas perdre de temps. Il y a de l’attente aussi pour faire remplir son sac d’eau, chacun son tour, les coureurs sont tranquilles, pas de stress, pas de chrono ici, juste le plaisir de participer.

 

C’est tellement beau. Le problème c’est qu’il vaut mieux regarder ou on met  les pieds que le paysage !

 

Quelle aventure avec soi même. A ceux qui prévoyaient de m’accompagner, je leur dis désolé, je cours seule, je ne m’imagine pas courir avec quelqu’un sur cette distance. Je préfère être seule. Je marche quand j’en ai envie et cours comme une malade quand ça me prend surtout dans les descentes, j’adore, je double plein de gens et je ne vois pas les têtes préoccupée que je suis à regarder le sol.

 

J’arrive à un ravito dans un village dont j’ignore le nom. Je demande à un ravitailleur qui me répond Arnuva, je me dis déjà, je ne sais plus trop ou c’est sur le parcours, mais il me semble avoir bien commencé. Je lui réponds que je ne m’arrête pas trop. Ça va bien, continuons et profitons de ce beau soleil.

 

Quand je demande aux différents contrôles combien de femmes sont passées, ils s’étonnent de ma question, me regardent bizarrement et me répondent « je ne sais pas, quelques unes », me voila bien avancé avec une telle réponse.

 

Heureusement que Daniel suit ça de prés avec Yvan, et ceux du club à Megève sur Internet, Daniel me donnera mon classement, enfin je sais ou j’en suis. MERCI Daniel, tu sais ce n’est pas facile au milieu de la montagne de suivre son classement. MERCI à Dodo aussi qui suivait en direct tous les Asphaltiens sur les différentes courses. « EH DODO FAUT PAS T’ENDORMIR, ASSURE, TOUTE LA NUIT DEVANT TON ECRAN !»

 

J’attends avec impatience la grande descente du col Ferret. 18 KM jusqu’à Champex, ça va pas trop mal, trois mecs se mettent à la file et me laisse mener l’allure. J’en ai marre, personne ne prend la relève. Je décide de les laisser passer « MERCI pour l’allure » sympa les mecs! Quand je dis que je préfère courir seule.

 

Je repars jusqu’à la Fouly où je croise Philippe et Raphaël, que je n’ai jamais vu, à la sortie du ravito. Je ne les ai pas vu dans la descente ou je les aurai doublés.  Désolée si je suis impolie en ne vous disant pas bonjour mais je vraiment je ne vous ai pas vu. Je suis dans ma course alors je ne fais gaffe à personne juste concentrée pour les pieds et l’alimentation.

 

8 heures de crampes au ventre avec l’Isostar, ça fait beaucoup. Je décide de passer à l’eau plate. Deux verres de coca à chaque ravito ! VIVE LE COCA COLA MERCI les américains !

 

Champex,  environ 19h30. Tiens, c’est l’heure du dîner. Je mange une soupe de vermicelles et une compote de pomme à table avec Thierry et un mec du gîte. Quand Thierry me demande combien je suis j’en sais fichtre rien, alors le dernier classement connu c’est 18ème à la Fouly. En fait, à Champex j’ignore où j’en suis. C’est difficile dans les ravito !

 

J’embrasse Myriam à la sortie. Enfin une frimousse connue. Ça fait super plaisir !

 

Je repars de Champex avec Farid un mec de Marseille, et nous décidons de nous regrouper pour la nuit qui approche.  La nuit arrive et le brouillard aussi. Ça promet. Mes deux frontales ne sont pas anti-brouillard. Je pense qu’il y a besoin d’améliorer le matériel.

 

Nous arriverons ensemble à CHAMONIX même si nous n’avons pas toujours couru ensemble parce qu’il était plus fort dans les montées et moi dans les descentes. Mais je le retrouve à chaque fois sur les ravitos. Nous partons toujours ensemble pour les montées.  L’eau plate ne suffit pas pour maintenir l’allure. Lui prend des gels que moi je ne supporte pas. Les ravitos de la nuit seront essentiellement de la soupe de vermicelles, bien salée, et quelques barres Ovomaltine, les seules que mon corps assimile.

 

Je me retrouve seule dans la montée du col des Quatre-vents,  dans le brouillard et à assurer à chaque balise pour éviter de me perdre. Je n’y vois pas à deux mètres et je n’ai pas mes lunettes de vue.  Je vais perdre beaucoup de temps !  Je me fais doubler par des groupes de coureurs qui me dépassent et me laissent avec moi-même!  Ça c’est aussi le pied, être à 2500 m dans le brouillard et la neige qui tombe, être seule et se dire profite c’est la dernière montée !

 

Il pleut en redescendant, j’arrive au dernier ravito à 7km de l’arrivée et je retrouve Farid le mec de Marseille avec qui je vais faire la dernière descente. J’ai la cheville qui tourne, mais je ne m’arrête pas. Je ne veux plus perdre de place. Je la regarderai plus tard. De toute façon je ne vais pas camper là, faut bien rejoindre les lumières. Du coup je suis à la même allure que Farid et nous franchirons la ligne d’arrivée ensemble où sa famille l’attend. C’était sympa de courir dans les rues de cham entre 5h et 6h du matin,  avec la seule présence des organisateurs et des familles qui attendent les leur.

 

J’entends la voix de Franck. Je le vois qui arrive avec son sac. Je cours toujours jusqu’à l’arrivée. Ça va toujours bien. Mais c’est fini !

 

La femme à l’arrivée m’annonce mon classement, je suis 11ème  féminine. Je me dis pas mal, je suis contente, l’objectif a été atteint : finir cette course pour avoir les points manquants à l’inscription de la grande, peut être !

 

Je retrouve Alex à l’arrivée. Il a abandonné au 25ème km, et n’a pas pu entrer au gîte car les portes sont fermées après 23h.

 

Je n’ai pas très faim, mais je bois de l’eau pétillante et mange du quatre quarts !

 

Je prendrai un café avec mon collègue du travail qui est en stage à Largentière à 9h sur le village de chalet de la course, content de ma course, « allez Seb l’année prochaine c’est ton tour ! ».

 

Je retrouve ceux du club vers 11h, quelle joie de les voir, aussi content que moi, et de raconter comment ça s’est passé et comment eux ils ont vécu ça à Megève. Le retour au chalet fut un moment très émouvant avec tous vos messages, merci vraiment ceci était un grand moment. Merci de l’avoir partagé tous ensemble !!!  Et merci pour le moment de convivialité qui a suivi !

 

 

 

Plein de bises  à vous tous.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *